Symposium

Le coup d’envoi des Célébrations des 50 ans du Rapport Rioux a été donné par la tenue du symposium 50 ans après le Rapport Rioux : Cultiver l’enseignement des arts au Québec, qui s’est tenu le 16 mars 2018 au Musée des beaux-arts de Montréal.

Conférence d’ouverture

Monsieur Claude Corbo a prononcé la conférence d’ouverture Un contrepoint au Rapport Parent : Le Rapport Rioux sur l’enseignement des arts au QuébecProfesseur au Département de sciences politiques dès la création de l’UQAM en 1969, Monsieur Corbo a occupé différents postes de gestion tout au long de sa carrière, dont celui de recteur à deux reprises. Il est notamment l’auteur d’Art, éducation et société postindustrielle : le rapport Rioux et l’enseignement des arts au Québec (Septentrion, 2006). Cet ouvrage retrace et situe dans leur contexte historique les travaux de la Commission Rioux, puis analyse leurs retombées quelques décennies plus tard.

Tables de travail

En après-midi, les participants au Symposium se sont réunis autour de douze tables de travail en vue de dégager les chantiers qui mobiliseront la Faculté des arts, la Faculté des sciences de l’éducation et différents partenaires durant les années 2018 et 2019. Chacune des tables était associée à l’un des quatre volets thématiques.

Volet thématique I : Un nouveau contexte, de nouveaux possibles
Le Rapport que signe Marcel Rioux comprend à la fois une critique de l’aliénation économique et technologique, une vision utopique avec un appel au potentiel créateur des individus et de nombreuses propositions visant à une démocratisation des arts.  Parmi les autres principes qui ont orienté le travail de la Commission, il y avait, comme le souligne l’un de ses membres, Réal Gauthier, l‘intégration des arts à la société, une place globale à faire à l’art partout en économie, en sciences, en technologie, l’ouverture du savoir et l’interdisciplinarité, le statut de l’artiste (Vie des Arts, no 148, 1992).  Ce 50e anniversaire nous offre l’opportunité de relire le Rapport Rioux, de jeter un regard critique sur la situation actuelle des arts et de la culture au Québec et d’identifier, à l’heure des nouvelles technologies, d’une plus grande industrialisation de la culture et d’une mondialisation des marchés, ce que Marcel Rioux appelait les « possibles ».

Table 1 – L’impact du rapport Rioux
 : animée par Chantale Lepage, professeure, École supérieure de théâtre

  • Quel a été l’impact Rapport Rioux ? 
  • Les cinquante dernières années ont-elles permis d’améliorer l’accessibilité aux arts (démocratisation culturelle) ? 
  • En quoi ces cinquante dernières années ont-elles permis une plus grande participation de tous et chacun à la création artistique (démocratie culturelle)? 
  • Y a-t-il des différences selon des divers domaines de production artistique (théâtre, danse, arts visuels, musique, etc) ?

Table 2 – La place des arts dans la société (1) : animée par Moniques Richard, professeure, École des arts visuels et médiatiques

  • Qu’en est-il aujourd’hui de la place des arts dans la société? 
  • Que pensez-vous 1) des budgets consacrés aux arts par les divers gouvernements et 2) de la place consacrés aux arts dans les médias? 
  • En quoi la révolution dite numérique et la multiplication des nouveaux médias va changer la donne?

Table 3 -La place des arts dans la société (2) : animée par Marie Beaulieu, professeure, Département de danse

  • Qu’en est-il aujourd’hui de la place des arts dans la société ? 
  • Que pensez-vous 1) du statut des artistes et de leurs conditions de vie et 2) et de l’action des associations artistiques ? 
  • Que pensez-vous de la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui les institutions artistiques (musées, etc.) et les divers organismes actifs dans le domaine des arts (centres d’artistes, fondations privées, etc.) ?

Table 4 – Les perspectives d’avenir : animée par Marcel Fournier, professeur, Université de Montréal

  • Quelles perspectives d’avenir pouvons-nous dégager en vue de politiques culturelles novatrices ou d’actions concrètes ?
  • Comment, dans le nouveau contexte de production culturelle (nouvelles technologies, interdisciplinarité, etc.), améliorer le statut des artistes et leur assurer à la fois autonomie et meilleures conditions de création ? 
  • Le projet de rendre chaque individu créatif est-il possible ? souhaitable ?
Volet thématique II : Les arts à l’école
La démocratisation de l’éducation artistique devait favoriser l’émergence d’une masse critique de citoyens libres capables d’imaginer, de formuler et d’assumer les normes et les valeurs culturelles d’une nouvelle société profondément humaine tout en étant résolument ouverte sur le monde et les médias de masse alors en plein essor. Intégré au système d’éducation, l’enseignement des arts plastiques, des arts d’interprétation, des arts de communication et des arts de l’environnement construit devait se déployer depuis la maternelle jusqu’à l’université, à travers une infrastructure favorisant l’interdisciplinarité et facilitant les passerelles entre les formations générale, préprofessionnelle et professionnelle. Ce volet thématique revient sur quelques enjeux toujours vibrants d’actualité :

Table 5 – L’accès à l’éducation artistique en milieu scolaire (1): animée par Louise Sicuro, présidente directrice générale, Culture pour tous

  • Quel bilan pouvons-nous tirer des efforts déployés depuis la Révolution tranquille pour démocratiser l’accès à l’éducation artistique en milieu scolaire ?
  • Quelle est la mission de l’école au regard des autres structures de formation artistique ?
  • Les mesures mises en place pour assurer un arrimage dynamique entre l’école et le milieu artistique améliorent-elles réellement l’accès à la culture artistique ?

Table 6 -L’accès à l’éducation artistique en milieu scolaire (2): animée par Audrey-Kristel Barbeau, professeure, Département de musique

  • Quel bilan pouvons-nous tirer des efforts déployés depuis la Révolution tranquille pour démocratiser l’accès à l’éducation artistique en milieu scolaire ?
  • Alors que les projets particuliers sont en vogue, est-il encore possible d’envisager des normes nationales pour l’éducation artistique au Québec ?
  • Le Rapport Rioux préconisait un enseignement des quatre disciplines ? Est-il encore souhaitable de soutenir cette vision, parfois qualifiée d’utopiste ?

Table 7 – La qualité de l’éducation artistique en milieu scolaire (1) : animée par Lucie Villeneuve, professeure, École supérieure de théâtre

  • 50 ans après le Rapport Rioux, quelle est la qualité de l’éducation artistique dispensée dans les écoles du Québec ?
  • De quelle manière les conditions d’enseignement affectent-elles la qualité de l’éducation artistique en milieu scolaire ?
  • Les enseignants d’arts sont-ils adéquatement formés à l’université ?

Table 8 – La qualité de l’éducation artistique en milieu scolaire (2) : animée par Christine Faucher, professeure, École des arts visuels et médiatiques

  • 50 ans après le Rapport Rioux, quelle est la qualité de l’éducation artistique dispensée dans les écoles du Québec ?
  • Comment l’éducation artistique est-elle soutenue et valorisée dans le milieu scolaire ?
  • Comment se déploie l’offre de formation continue pour les enseignants en arts ?

Table 9 – L’éducation artistique en milieu scolaire et le numérique : animée par Andrée-Caroline Boucher, Récit des arts

  • De quelle manière le numérique change-t-il notre façon d’enseigner, d’apprendre, de créer, d’apprécier et de communiquer à l’école ?
  • Quels défis le numérique pose-t-il pour la formation initiale et continue des enseignants en arts ?
  • Le numérique peut-il contribuer à démocratiser l’accès à une éducation artistique de qualité sur l’ensemble du territoire québécois ?
Volet thématique III : Interculturalité, approches décoloniales et formation artistique
Mu par un idéal de démocratisation culturelle, le Rapport Rioux envisageait la créativité et l’imagination comme de véritables « modes de connaissance ». Dans cette perspective toutes les pratiques, qu’elles relèvent du design, des arts traditionnels ou de la tradition beaux-arts, devaient pouvoir participer à la transformation de la société, voire de la vie. Cette posture philosophique semblait aller dans le sens d’une déhiérarchisation des disciplines artistiques et d’une plus grande accessibilité à la création. Aussi, la Commission préconisait l’enseignement des arts à tous et à toutes, à tous les niveaux scolaires ainsi que l’intégration à l’université des disciplines artistiques. Est-il besoin de rappeler à ce sujet, qu’au cours des années soixante, une période pivot dans le processus de reconnaissance des droits des peuples autochtones, plusieurs enfants autochtones étaient toujours envoyés dans les pensionnats résidentiels restés en activité. Par ailleurs, la décennie soixante était le théâtre de débats importants sur le caractère prétendument « multiculturel » de la société canadienne, débats qui mèneront à des changements juridiques et organisationnels. Or les recommandations du rapport sont restées plutôt muettes sur les enjeux que posaient, à ce moment, le vivre ensemble et l’interculturalité dans le champ de l’art et dans l’enseignement des arts. Force est de constater qu’encore aujourd’hui, les structures qui permettraient une réelle mise en œuvre de cadres théoriques et organisationnels inclusifs et respectueux sont largement déficientes, particulièrement au Québec. Ce volet thématique est une occasion de faire le point sur la question, il souhaite aussi dégager des propositions constructives, des actions ou des alternatives de changement.

Table 10 – Interculturalité, approches décoloniales et formation artistique : animée par Edith-Anne Pageot, professeure, Département d’histoire de l’art et Guy Sioui-Durand, Institution Kiuna

  • Où en sommes-nous ? Que révèlent les études quantitatives et qualitatives récentes sur l’interculturalité ?
  • Quels sont les défis relatifs à la coexistence de pratiques et de savoirs artistiques (incluant artisanat et les arts traditionnels) fondés sur des épistémologies distinctes ?
  • Quels sont les principaux problèmes qui découlent des situations d’intersectionnalité discriminatoire ?
  • Quelles sont les stratégies d’autodétermination mises en œuvre par les créateurs et les créatrices qui se heurtent à des postures de double discrimination en regard de la langue, de la culture, du genre ou des catégories disciplinaires ?
  • Comment favoriser l’adoption d’approches décoloniales dans les programmes d’enseignement des arts et de recherche-création ?
  • L’université est-elle la structure institutionnelle la plus propice à l’intégration des approches décoloniales à la recherche-création et à l’enseignement des arts ?
  • Quels rôles et quelles formes peuvent jouer les partenariats entre les universités et les acteurs des milieux artistiques (organismes communautaires, conseils de la culture, collectifs de créateurs, etc.) dans un processus de décolonisation institutionnelle ?
Volet thématique IV : Création contemporaine et formation artistique professionnelle

En 1968, les travaux de la Commission Rioux participaient du mouvement d’affirmation d’une société résolument tournée vers l’avenir. Si l’on peut se questionner sur les suites concrètes données aux recommandations de son président, il est indéniable que son esprit a provoqué l’essor des nouvelles pédagogies artistiques et inspiré de loin les orientations des politiques publiques en matière culturelle dans les décennies suivantes. Les impacts sur le champ artistique apparaissent toutefois moins visibles, si l’on fait abstraction du fait que des générations d’artistes ont été initiés à l’art dans les écoles « réformées » du Québec. On peut même faire l’hypothèse que la perspective utopique que défendait Marcel Rioux paraît décalée par rapport à l’évolution des disciplines artistiques qui, sous le poids des industries culturelles, ont intégré les contraintes de l’économie de marché. Faire le point sur l’héritage du Rapport Rioux exige aujourd’hui de prendre en compte ce décalage, d’en interroger les causes et les effets et de repenser un nouvel équilibre entre formation et recherche-création.

Table 11 : Création, diffusion et médiation : animée par Isabelle Miron, professeure, Département d’études littéraires

  • L’ambition de rendre l’art accessible, au cœur du Rapport Rioux, est-il encore à l’ordre du jour devant le constat de la stagnation de la consommation culturelle, de l’éclatement des publics et du brouillage des frontières disciplinaires ?
  • Quelles stratégies de médiation mettre en œuvre pour faire face à ce nouveau contexte ?
  • Quel soutien (public et/ou privé) apporter aux artistes pour y arriver ?

Table 12 : Former un artiste aujourd’hui : animée par Yves Jubinville, professeure, École supérieure de théâtre

  • La spécialisation disciplinaire et l’acquisition de compétences professionnelles sont les deux piliers de la formation artistique, qui répond ainsi à des besoins de marché. Ce modèle est-il encore pertinent ? Comment et pourquoi le repenser ?
  • Comment envisager la formation artistique professionnelle en regard des bouleversements importants que subissent les disciplines (théâtre, danse, musique, arts visuels, design et littérature), dont ceux provoqués par les avancées technologiques? 
  • Comment développer, dans une logique de formation continue, les différents modes de collaboration entre recherche (université) et création (milieux artistiques) ?
  • 8 h 30 : Accueil des participants (entrée principale, 1380 Rue Sherbrooke Ouest)
  • 9 h 00 : Allocutions
  • 9 h 30 : Présentation de la plateforme ÉducArt
  • 9 h 45 : Conférence d’ouverture
  • 11 h 15 : Présentation des quatre volets thématiques
  • 11 h 45 : Dîner libre
  • 13 h 15 : Accueil des participants (entrée principale, 1380 Rue Sherbrooke Ouest)
  • 13 h 30 : Tables de travail
  • 15 h 30 : Pause-café
  • 16 h 00 : Plénière
  • 16 h 50 : Mot de la fin
  • 17 h 00 : Cocktail