Conférences publiques

La formation artistique dans le miroir des politiques culturelles québécoises

 

Jeudi 21 mars 2019, 19h

Auditorium de la Grande Bibliothèque
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
475, boulevard de Maisonneuve Est, Montréal

La création artistique est l’antidote suprême à l’émiettement, à l’aliénation de la personnalité […] L’activité artistique rassemble les pouvoirs de l’homme et produit un sens qui dépasse tous les codes imposés par les besoins et les pseudo-besoins de la vie d’aujourd’hui. (Rioux, 1990, p. 244)

C’est ainsi que Marcel Rioux présentait en 1990, dans son ouvrage Un peuple dans le siècle, la vision qui l’avait animé au moment de la Commission d’enquête sur l’enseignement des arts dans la province de Québec dont le rapport sera déposé en août 1968. Renouant, cinquante ans après, le fil de ce vaste questionnement sur la formation artistique, la perspective de Rioux nous ramène ainsi à la question essentielle de la place de l’art et de la culture dans la société, qui est aussi celle de savoir comment l’individu s’inscrit dans un rapport créatif à son monde et à son devenir. Observateur passionné de la société québécoise depuis plus de trente ans, René-Daniel Dubois n’a eu de cesse d’explorer ces questions, en tant qu’auteur, comédien et intellectuel. Il propose, dans le cadre des activités entourant les 50 ans du Rapport Rioux, une réflexion sous forme de dialogue dans laquelle il retrace à son tour son parcours dans ce qui est peut-être un « autre siècle » que celui qu’a connu Rioux mais où la formation artistique recouvre des enjeux philosophiques, politiques et institutionnels tout aussi cruciaux. Cette conférence sera aussi l’occasion pour lui de porter un regard critique sur les orientations et désorientations de l’intervention de l’État québécois en matière culturelle.

René-Daniel Dubois est un auteur dramatique, traducteur, romancier, acteur, metteur en scène et pédagogue. Formé à l’École nationale de théâtre du Canada, il met en scène son premier texte dramatique, Panique à Longueuil, au café-théâtre Nelligan en février 1980. Suivront plus d’une dizaine d’œuvres créées à la scène, mais également des romans (Porte d’entrée, 2013), des essais (Morceaux, 2009, finaliste au Prix du Gouverneur général), et de nombreuses contributions pour la radio, la télé et le cinéma. En 2006, le cinéaste Jean-Claude Coulbois lui consacre un documentaire, un sur mille, dans lequel René-Daniel Dubois se révèle un intellectuel engagé, polémiste et créateur impénitent. À titre de comédien, il a incarné une vingtaine de rôles au théâtre, au cinéma et à la télévision. Par ailleurs, on lui doit entre autres les mises en scène de Les Guerriers de Michel Garneau (Espace Go, 1997), du Roi se meurt de Ionesco (Espace Go, 1999) et de Kean de J-P. Sartre (TNM, 2002).

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Le domaine des arts du Programme de formation de l’école québécoise : trajectoire et points de tensions d’une vision interdisciplinaire de l’enseignement des arts en milieu scolaire

Jeudi 7 mars 2019, 19h

Auditorium de BAnQ Vieux-Montréal
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
535, avenue Viger Est, Montréal

Le décloisonnement des différents programmes de formation pédagogique et professionnelle est susceptible de transformer les disciplines artistiques et l’éducation artistique en général. Il sera peut-être possible un jour de combiner des enseignements de nature aussi différente que la danse, l’art dramatique et la musique. II demeure que plusieurs disciplines, sinon la plupart, doivent se renouveler, ou réinventer leur pédagogie. (V2, §717)

Cette conférence retrace les principaux jalons qui ont mené à la conceptualisation du domaine des arts dans le Programme de formation de l’école québécoise. Ce programme, implanté au tournant des années 2000 et toujours en vigueur aujourd’hui, propose une vision 4 arts (art dramatique, arts plastiques, danse et musique) qui s’appuie sur l’identification d’éléments communs entre les disciplines artistiques pour inscrire l’enseignement des arts dans une approche intégratrice de la formation générale, laquelle était déjà esquissée dans le Rapport Rioux. L’interdisciplinarité était au cœur des préoccupations de la Commission et certains de ses membres, sitôt le rapport déposé, se sont affairés à la création d’un Centre interdisciplinaire de recherche en art qui devait superviser dans l’université nouvelle le développement de structures pédagogiques liant entre elles les différentes disciplines artistiques et favorisant les rapprochements entre la création artistique et les autres formes de la pensée humaine. En 2018, comment se concrétise cette vision dans la formation des enseignants en arts offerte à la Faculté des arts de l’UQAM, puis dans les pratiques effectives en milieu scolaire ?

Christine Faucher est professeure à l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM. En 2013, elle a obtenu un doctorat portant sur les pratiques culturelles d’élèves de 3e secondaire dans le cyberespace et sur les jonctions liant ces pratiques à la classe d’art. Ses recherches actuelles visent à mieux comprendre comment l’enseignement des arts en milieu scolaire peut participer à répondre à la quête de sens des jeunes, tout en tenant compte de leurs pratiques culturelles informelles.
Carole Marceau est professeure en enseignement de l’art dramatique à l’École supérieure de théâtre. Son expertise en milieu scolaire (1988-2008) l’amène à travailler pour le ministère de l’Éducation du Québec qui lui confie plusieurs mandats : rédaction des programmes au secondaire, développement des échelles de niveaux de compétence, élaboration de la progression des apprentissages. Elle a développé au cours des dernières années un intérêt particulier pour l’écriture collective et à la mise en scène avec des populations marginalisées.
Caroline Raymond est professeure en études de pratiques pédagogiques au Département de danse de l’UQAM depuis 2008. Dans la foulée de l’obtention de son Ph.D en éducation (2014), ses recherches portent sur les pratiques de transposition didactique dans l’enseignement de la danse, mais aussi sur les mécanismes de concertation entre les domaines de la culture et de l’éducation. Elle enseigne également les méthodologies de recherche qualitative à la Maîtrise en danse et au Doctorat en études et pratiques des arts.
Vincent Bouchard-Valentine est professeur au Département de musique de l’UQAM. Spécialiste des fondements théoriques de l’éducation musicale scolaire, ses recherches portent sur le développement d’une proposition inédite d’éco-éducation musicale intégrant les pratiques artistiques associées aux arts sonores, les données de l’écologie sonore et les visées de l’éducation relative à l’environnement.

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Le Collectif Tapiskwan :
La création comme trait d’union entre les cultures, les générations et les disciplines

Jeudi 15 novembre 2018, 19h

Auditorium Maxwell-Cummings
Musée des beaux-arts de Montréal
1379-A, rue Sherbrooke Ouest
Pavillon Michal et Renata Hornstein

Depuis 2011, des artisans de la communauté autochtone de la Nation Atikamekw Nehirowisiw et des designers de l’École de design de l’Université de Montréal travaillent ensemble afin d’imaginer des processus de création innovants qui soutiennent la transmission et valorisent le patrimoine culturel atikamekw. C’est de cette collaboration que sont issus les ateliers Tapiskwan, qui s’appuient sur une approche pédagogique interculturelle, intergénérationnelle, et interdisciplinaire. Des jeunes atikamekw sont ainsi guidés par des aînés, des artistes et artisans, des designers, des entrepreneurs, et des experts culturels afin de créer de nouveaux produits inspirés par leur patrimoine. Ces produits,  bien sûr, mais aussi les apprentissages qui ont lieu tout au long des ateliers, font la fierté des participants et des formateurs. Cette conférence portera sur l’histoire du Collectif Tapiskwan, et proposera des pistes de réflexion sur les traits d’union qui peuvent être générés par ce type de collaboration.

Eruoma Awashish est une artiste multidisciplinaire. Elle a grandi dans la communauté atikamekw d’Opitciwan. Après l’obtention de son baccalauréat en art interdisciplinaire à l’Université du Québec à Chicoutimi, Eruoma s’est installée à Roberval, au Lac Saint-Jean, où elle crée des œuvres alliant tradition et modernité.
Solen Roth est anthropologue et chargée de cours à l’École de design de l’Université de Montréal. Elle est spécialiste du marché de l’art autochtone au Canada et des questions de protection du patrimoine et de propriété intellectuelle autochtone. Elle travaille au sein du projet Tapiskwan depuis 2015.